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INTERVIEW REGGAE : COBRA

INTERVIEW REGGAE : COBRA
INTERVIEW


Au rayon découvertes musicales, il est de certains talents que l'on ne peut ignorer longtemps tant leur aura surplombe le paysage actuel et morne qui caractérise une industrie du disque en constante récession. Ils sont là, à l'abri de la lumière et des spots, attendant un envol qui pour la plupart seras des plus prometteurs.
COBRA fait partie de ces étoiles de l'ombre , artiste reggae d'avenir , auteur et compositeur, ce jeune franco-béninois a accepté de répondre à nos questions.



Carpe Diem Staff: Bonjour COBRA, explique-nous un peu d'où t'es venu l'idée de ce pseudo?

COBRA: Bonjour... Ben, je n'ai pas vraiment d'explications précises si ce n'est une petite allusion à mes origines béninoises, Dahomey (ex Bénin) signifiant "Dan Homin" qui veut dire dans le ventre du serpent. J'ai donc voulu prendre un blaze qui avait un rapport avec le serpent.J'ai choisi le cobra parce que c'est un animal qui me fascine , mais attention chez moi au Bénin c'est le python le serpent par excellence, c'est un animal sacré!


CDS: Tu as grandi à Cotonou au Bénin?

C: Oui, j'y ai passé toute mon enfance. Je suis métisse franco-béninois de Normandie et de Ouidah. Ce sont deux monde totalement opposés , c'est une source d'inspiration et en meme temps une faiblesse parce qu'il est un peu difficile de se positionner entre ces deux mondes.


CDS: Parles-nous un peu de tes débuts dans la musique.

C: Quand j'étais plus jeune j'écoutais beaucoup de rap français , je suis d'ailleurs un peu nostalgique de l'époque TIME BOMB. J'aimais écouter de tout: soul, jazz, musique africaine... J'ai aussi joué plusieurs instruments, ce qui m'as permis de pouvoir apprécier la musique dans sa globalité. Sinon j'ai commencé le son au collège, j'ai eu l'occasion d'avoir des potes avec qui je partageais la meme passion pour la musique. On a formé un groupe de rap: L.K.S. C'était une ambiance particulièrement stimulante pour la création et puis comme la plupart de mes potes à l'époque, j'ai été influencé par le CLAIR OBSCUR le premier groupe de rap de mon lycée.


CDS: Donc tu rappais à tes débuts! Mais quand et pourquoi as-tu arreté le rap pour te consacrer au reggae?

C: J'ai arreté vers 2OO2. J'ai pas mal été influencé par un sauss qui s'appelle MISTER.O (membre du LKS, son groupe de rap de l'époque avant que celui-ci ne se disloque). Il écoutait beaucoup de reggae dancehall et comme cette vibe me faisait de plus en plus kiffer, on a decidé de former un nouveau groupe ensemble: LYRICAL G. MISTER.O était très dancehall et moi j'avais une vibe plus mélodieuse, donc j'ai fini par m'orienter vers le reggae et la soul.


CDS: As-tu déjà fait des scènes en France?

C: Oui, mais pas beaucoup. La plus mémorable s'est déroulée en Avril 2006 à Bordeaux dans le cadre d'un concert organisé par une association qui regroupe de jeunes artistes (DYNAM' RECORD) et parrainé par la marque de sape PUSSY FLEX et CRESHENDO (artiste rap). Ce fut une expérience très positive car j'y ai rencontré des professionnels qui ont apprécié mon travail et ont surtout étés surpris par la qualité de ma prestation, moi l'inconnu du lot (rires)


CDS: Quel a été l'acceuil du public face à ta prestation?

C: Le public a été très receptif, j'en ai meme d'ailleurs été plus qu'étonné. C'est là que j'ai vraiment réalisé toute l'importance de la scène et du live. Je suis plus un artiste de studio à la base.


CDS: Tu composes aussi un peu et joue de la guitar, autodidact ou pas?

C: Oui autodidact, ç'est un jeu depuis tout petit d'apprendre sur le tas. Niveau compo j'explore plusieurs univers musicaux, j'essaie d'adapter mes compos aux differents styles que je développe avec ma voix tout en gardant ma touche reggae, mais la route est encore longue. La production musicale est à la fois quelque chose de très volatile mais aussi très personnel, il n'y a pas de beat parfait, il faut surtout une harmonie entre la voix et les instruments.


CDS: Le titre "Freedom" est vraiment fort: entrainant et chargé en émotion! d'où t'es venu l'idée de ce morceau?

C: Merci pour le compliment! A la base j'ai d'abord créé le refrain de ce titre, c'était lors d'une session freestyle avec un sauss. Le refrain m'a ensuite tellement fait kiffer de par son coté accrocheur que j'ai décider d'écrire un morceau à partir de celui-ci.


CDS: KAIZAH a produit une tuerie reggae sur laquelle tu bosses actuellement, travaillez-vous souvent ensemble? Que penses-tu de ses talents de rappeur et producteur ?

C: Si si, en effet il m'a balancé une prod sortie de Mars! (rires)
Non plus sérieusement c'est une prod efficace. KAIZAH et moi nous étions perdus de vue après le lycée au bled, mais depuis qu'il s'est installé à Toulouse le son nous a rerapprochés. C'est quelqu'un de très professionnel et rigoureux dans son approche du son. On a d'ailleurs enregistré un duo accoustique que j'ai produis : "Touche d'espoir" ça sortiras bientot. C'est un son très émouvant où KAIZAH m'a fait découvrir qu'il savait aussi faire autre chose que rapper.
Quant à son talent de rappeur, je le connais depuis tout petit donc j'ai pu suivre son évolution, techniquement c'est du lourd ce qu'il fait! J'admire aussi sa polyvalence en matière de production musicale, il sait faire beaucoup de choses, c'est vraiment un artiste complet!


CDS: Quels sont tes projets à venir?

C: Là j'maquette pour sortir un premier projet avec des prods locales et des riddims jamaicains en autoproduction. J'bouclerai ainsi un étape dans mon évolution musicale: sortir pour que les gens puissent découvrir et apprécier ma musique dans un premier temps. Aussi j'dirais que sans m'en rendre compte, ma personnalité a eu tendance à me pousser à beaucoup travailler en home studio. Je me suis donc équipé du matos nécessaire pour pouvoir taffer sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit.


CDS: Vu ton talent, ne serait-il pas plus judicieux de démarcher une maison de disque? ou préfères-tu le statut d'indépendant?

C: L'autoproduction est un taff de longue haleine car il faut à la fois etre son chef d'orchestre et promouvoir sa zik, je suis pret à assumer. Les majors bien qu'elles aient toute la logistique et les moyens pour me mettre sur le devant de la scène, ne m'interressent pas pour le moment! Et puis qui vous dit qu'elles me signeraient!!??
De toutes façon je me laisse d'abord le temps de murir artistiquement, mon optique à court terme n'est pas commerciale. Il faut prendre le temps de bien faire les choses.


CDS: Que penses-tu de la scène reggae aujourd'hui? on sait que la jamaique prédomine dans ce genre, l'Afrique et la France n'ont-elles pas leur classes à faire valoir aussi?

C: Le mouvement reggae a pris une ampleur phénoménale aujourd'hui! Mais il est essentiellement guidé par des artistes Jamaicains ( Sizzla, Jah Mason, Bascom X...)Le reggae francophone lui a plusieurs facettes tout en restant relativement militant. Le point noir c'est que pendant longtemps la scène francophone a musicalement calqué sur la scène jamaicaine et aujourd'hui les artistes les plus connus ont souvent tendance à aller en Jamaique pour faire leur productions, du coup on y ressent quelque peu la touche jamaicaine.Mais il ya du positif aussi, des artistes comme TIKEN JAH FAKOLY ont réussi à sortir le reggae africain de l'ombre et il y a pas mal de bons autres artistes qui sont polyvalent dans plusieurs styles tout en étant de qualité comme DAARA J, qui est un groupe que j'aime beaucoup et qui m'a impressionné par sa puissance sur scène et son professionalisme.


CDS: Comment expliques-tu que malgré sa vitalité le reggae Africain ait du mal à se faire connaitre en dehors du continent?

C: C'est comme pour toutes les musiques urbaines, il y a un réel problème de promotion, il faudrait qu'il y ait plus de producteurs africains, il y a beaucoup de potentiel mais la plupart du temps il est nécessaire que des producteurs étrangers mettent en valeur les artistes africains pour qu'ils puissent etre reconnus internationalement. Malheureusement rares sont les artistes pro qui arrivent à vivre de leur musique en restant en Afrique, la plupart ont tendance à partir à l'étranger.


CDS: Ok bon ben pour finir je change totalement de registre (rire) , les filles te trouvent plutot beau gosse, es-tu du genre posé ou player?

C: Plutot un mec posé, mais bon j'vais pas tarder à passer en mode player (rires), au fond la vie n'est qu'un jeu donc y a pas de soucis (rires)! Allez Big up!!


CDS: (rires) Ok, ce fut un plaisir COBRA, à la prochaine.

C: De rien, bonne chance au Carpe Diem Staff!!


Retrouvez COBRA dans les mois à venir sur le site VERSSES (bientot dispo sur le net) et sur my space.com où vous pourrez écouter ses futurs tueries!
# Posté le lundi 19 février 2007 23:08
Modifié le mercredi 16 janvier 2008 02:11

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